panneau_dunkerque.PNGLes tendances passées et projections, déjà relayées sur ce blog, se confirment dans les faits : Dunkerque perd des habitants. Entre 1999 et 2010, 5 943 individus ont quitté la ville (entendu au sens du "grand Dunkerque", avec Dunkerque, Fort-Mardyck et Saint-Pol-sur-Mer) qui désormais compte 92 005 habitants. Dunkerque est la ville qui a perdu le plus d'habitants parmi les vingt plus grosses communes du Nord-Pas-de-Calais. Dans son édition du 18 janvier 2012, la Voix du Nord donnait quelques explications, déjà évoquées en filigrane dans les divers billets de ce blog.

Si la fécondité reste importante, la chute démographique s'explique par le solde migratoire : les habitants quittent la ville. Les insuffisantes créations d'emplois ont poussé les jeunes actifs à quitter Dunkerque et les jeunes, qui partent faire leurs études ailleurs (notamment à Lille), ne reviennent pas une fois ces dernières terminées. De facto, la population dunkerquoise vieillit. D'autant plus que, note la Voix du Nord, "la seule tranche d'âge pour qui le solde migratoire reste positif concerne les plus de 75 ans".
Dans une moindre mesure, la périurbanisation constitue un deuxième facteur explicatif. Les 30-35 ans cherchent à devenir propriétaires, souvent d'une maison avec jardin. Ainsi, ils privilégient des villes où l'accès à la propriété, et surtout à ce type de logement, est possible : à savoir des communes comme Wormhout pour ne citer qu'elle.

Comment endiguer ce phénomène ? Jean-François Vereeck, directeur de l'observatoire et de la prospective à l'AGUR, interrogé dans la Voix du Nord du 18 janvier, insiste sur l'importance du maintien de l'activité économique et de l'attractivité du cœur d'agglomération.
Pour ce faire, il convient notamment de faire évoluer l'image de la ville. Discutant des affectations en tant que professeur avec des amis venus préparer le CAPES ou l'agrégation de sciences économiques et sociales à Lille, mais originaires de toute la France, Dunkerque fait figure de repoussoir, de ville industrielle sur le déclin, peu vivante ! Il convient de changer cette représentation. C'est notamment dans ce cadre que s'inscrit ma proposition de développer un PRT à Dunkerque :

  • s'en servir comme levier d'unification du territoire et de développement économique, en dotant Dunkerque de nouvelles infrastructures et en faisant émerger une nouvelle activité combinant industrie (mais pas seulement industrie lourde : l'activité économique dunkerquoise doit se diversifier) et recherche et développement, innovation (et donc lien avec l'université)
  • exploiter son "caractère novateur" pour que Dunkerque passe, dans l'esprit des gens, d'une vieille ville industrielle du Nord à une ville se projetant dans son futur
  • l'utiliser pour repenser la ville et ses flux, pour lui apporter de la verdure et l'apaiser

C'est également pour cela que le projet cœur d'agglo, visant notamment à densifier le centre-ville, apparait des plus pertinents. Malheureusement, ce dernier semble connaitre quelques difficultés comme cela sera développé ultérieurement.