livre.jpgEn mars 2011, envisageant les mois à venir et mon statut de futur ex-étudiant, mon envie était de rester à Lille et non de retourner à Dunkerque, ville comparativement peu vivante, avec moins de magasins, peu de lieux de vie hormis la digue. À cela s'ajoutaient les relations construites à Lille et des amis qui décidaient d'y rester. Lille est attractive. Après tout pourquoi aller à Dunkerque ? Mais voilà : j'aime Dunkerque, sans doute parce que je la considère comme une ville "outsider". Pour le formuler rapidement, tout est à y faire ou, plus exactement, à refaire. Lille plait, attire. Dunkerque a du potentiel, de très nombreux atouts et pourtant ne bénéficie pas du même rayonnement. Dès lors mon envie était simple : contribuer au développement de cette agglomération et réussir à me donner envie de me réinstaller à Dunkerque. Si je préférais aller ailleurs, c'est bien que cette ville ne répondait pas à mes attentes. Que faire pour changer la donne ?

Un matin, j'ai vu un reportage sur l'Ultra PRT de Londres et, immédiatement, j'ai eu un flash : Dunkerque, qui se trouve à un vrai tournant de son histoire, doit se réinventer. L'Ultra PRT est ainsi devenu un symbole de ma réflexion. Au départ, il y avait donc ce nouveau mode de transport et les idées fortes derrière : unifier l'agglomération dunkerquoise, faire entrer cette ville dans un nécessaire processus de diversification économique, faire évoluer son image. Après avoir contacté quelques Hommes de la vie publique pour leur présenter cette vision, j'ai réfléchi de manière plus globale à ce que pourrait devenir Dunkerque ou, plus exactement, à ce que devrait devenir Dunkerque pour me donner envie d’y faire ma vie. J'en suis arrivé à une sorte de programme d'une dizaine de pages qui détaillaient comment amorcer, selon moi, la nécessaire transformation de l'agglomération.

Clairement de gauche, je ne suis cependant "carté" dans aucun parti, leur fonctionnement ne me convaincant pas. Mais je voulais confronter mes propositions. J'ai donc contacté, fin août 2012, différents partis pour leur proposer de discuter et voir si certaines idées les intéressaient : Parti Communiste/Parti de Gauche/Front de Gauche, Europe Écologie Les Verts, Parti Socialiste et MoDem. La démarche peut sembler originale mais considérant que les élus ou potentiels élus représentent la population, il me semble logique que tout citoyen puisse se faire entendre par des responsables politiques. Ne partageant pas les idées de certains partis (de droite comme l'UMP et plus encore d’extrême-droite), je me suis limité à cette liste-là.

Il est tout à fait possible que certains n'aient pas reçu mes mails mais le fait était là : malgré plusieurs relances, une seule personne me répondit, Pierre Yana (MoDem) avec qui, il est vrai, nous avions travaillé sur un projet apolitique qui n'avait rien à voir un an auparavant. En tant qu'électeur alternant entre un vote Front de Gauche ou Europe Écologie Les Verts, j'échangerai donc avec le MoDem. Soit.

Après un premier rendez-vous en septembre 2012, je me suis rendu compte que Pierre et moi partagions de nombreux diagnostics communs concernant l'agglomération dunkerquoise. C'est alors que nous avons décidé de travailler ensemble. Non pas que je sois « devenu MoDem », mais travailler avec Pierre Yana, sur le sujet de Dunkerque, était tout à fait faisable et surtout nous partagions de nombreuses réflexions. Sans doute ne suis-je pas objectif, mais j’ai également reconnu plusieurs qualités à Pierre notamment sa capacité d’écoute et sa volonté de s’entourer de « bosseurs » pour construire quelque chose collectivement : Martine Beuraert, Marie-Colette Pladys et Pierre Langlet.

Depuis septembre 2012, nous avons donc tous travaillé et établit un diagnostic sur Dunkerque pour en tirer des propositions et, surtout, un projet. Il ne s'agissait pas de pondre une simple liste de courses avec des idées « ponctuelles » qui ne changent rien au problème, à la crise de vocation de l’agglomération. Il ne s'agissait pas d'arriver à des idées telles que « refaisons les trottoirs ». Attention, cela ne veut pas dire que ce n'est pas à faire, pas à dire, qu’il ne faut pas s’en préoccuper. Mais honnêtement n'importe qui parle de cela lors d'une campagne et n'importe qui une fois élu refera des rues et des trottoirs. C’est important mais aussi un passage obligé. Non, nous voulions aller plus loin et, quitte à passer pour les intellectuels, penser sur du moyen et long terme. Lors de la campagne, les enjeux de court terme ressortiraient par eux-mêmes. Si nous voulions nous différencier et apporter autre chose, il fallait se positionner ailleurs.

Après plusieurs mois de réunions et de travail, nous avons décidé de faire paraître une partie de nos réflexions sous forme de livre, L’esprit de Dunkerque, dont nous publions d’ores et déjà les bonnes pages, pour lancer le débat. Vous pourrez les consulter toutes sur le site pierreyana.com. Marie-Colette Pladys s'est intéressée à l'avenir d'une ville comme nous pourrions le rêver, Pierre Langlet s'est attaché aux questions énergétiques et Pierre Yana a notamment travaillé sur les villes créatives. De mon côté, j'ai travaillé sur l'économie de l'agglomération et vous propose mes bonnes feuilles ici-même :

Vous retrouverez dans ces bonnes feuilles le diagnostic que nous faisons de Dunkerque, une ville industrielle à un tournant de son histoire qui doit pour la première fois se penser sans l'Etat, et quelques propositions que nous défendons auprès de Michel Delebarre puisque nous avons décidé de participer à sa liste : unifier l'agglomération, créer un quartier de l'innovation, repenser le centre-ville de Dunkerque. Je reviendrai sur certains points ultérieurement.