Que pourrait-il être envisagé pour amorcer un renouveau économique du territoire ?
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S'appuyer sur le développement de nouvelles entreprises et de PME permettrait de doter le territoire d'un nouveau gisement d'emplois mais également de contribuer à réorienter l'activité locale et à entamer son processus de diversification. L'enjeu est donc de réussir à encourager la création d'entreprises et à l'accompagner.
Pour atteindre cet objectif, la politique des subventions directes n'est pas la plus efficace. Concrètement, qu'est-ce qui peut empêcher une personne de lancer son entreprise s'il a une idée ? L'un des premiers obstacles est la complexité du processus : comment faire pour se lancer ? Où aller ? L'une des clefs pour encourager les créations d'entreprises est la simplification des démarches. Plutôt que de distribuer toujours plus d’argent, il semblerait préférable de réussir à créer une entité, politiquement indépendante, à même d'accompagner, soutenir, encourager et favoriser la création d'entreprises et leur développement. A l’image d’un pôle de compétitivité, il s’agira notamment de regrouper "sur un territoire bien identifié et une thématique donnée, des entreprises petites et grandes, des laboratoires de recherche et des établissements de formation. Il a vocation à soutenir l'innovation, favoriser le développement des projets collaboratifs de recherche et développement (R&D) particulièrement innovants. Il crée ainsi de la croissance et de l'emploi. L’enjeu est de s’appuyer sur les synergies et la confiance créée entre les acteurs par l'intermédiaire de coopération concrète dans des projets collaboratifs et innovants. Il s'agit de permettre aux entreprises impliquées de prendre une position de premier plan dans leurs domaines en France et à l’international. D'autres partenaires, dont les Pouvoirs publics nationaux et locaux sont associés à cette dynamique." (s. a., "Politique des pôles", Les pôles de Compétitivité. Disponible sur : http://competitivite.gouv.fr/)
Concrètement, il s'agirait donc de mettre en place une nouvelle structure qui regrouperait et coordonnerait notamment les associations existantes pour plus de lisibilité et aurait cette mission d'accompagnement des entreprises, déclinée en trois parties. La première consisterait en la mise en place d'un incubateur, destiné à accompagner la création d'entreprises. La deuxième remplirait un rôle d'aide au développement : accompagner une entreprise déjà créée, à l'image de celles issues de l’incubateur. La dernière partie serait quant à elle un hôtel d'entreprises, voué à accueillir des entreprises internationales ou nationales mais qui ne recherchent pas nécessairement d’aide.
Ces trois parties s’inscriraient elle-même dans un double logique : d’un côté accueillir et accompagner n’importe quel entrepreneur, quel que soit son domaine ; de l’autre se concentrer spécifiquement sur un ou plusieurs domaines précis afin de développer ce qui pourrait s’apparenter à un pôle de compétitivité (secteur de la transition énergétique ? des automatismes de locomotion ? de l’éco-industrie ?). Concrètement, cette institution se positionnerait donc sur deux axes : un spécialisé, qui regrouperait des activités de R&D et de formation, et un autre général qui consisterait à accueillir toute personne qui a besoin d’un endroit pour lancer son activité. L’un des maître-mot d’un tel projet est la confiance : donner sa chance à des entrepreneurs, les accompagner, ne pas stigmatiser celui qui n’a pas réussi. La démarche doit être positive, ouverte.

Concrètement, il s’agit de proposer aux entrepreneurs :

  • des bureaux équipés (internet, téléphone, …)
  • des locaux partagés : salle d’exposition ou d’organisation d’événements (une collaboration avec le Kursaal pourrait être envisagée), salle de conférence, salle de téléprésence, …
  • des services : aide à la création d’entreprise, aide quotidienne dans diverses démarches administratives (travailler notamment avec le port pour faciliter son accès en cas de besoin), réponse à des besoins périodiques (comme la nécessité de trouver un traducteur), aide dans le domaine de l’intelligence économique
  • un environnement permettant de répondre à des besoins "d’humain" : cantine, lieu de détente pour permettre les rencontres et échanges, crèche pour accueillir les enfants, un parking (ou un arrêt d’un transport en commun)
  • des animations et conférences régulières
  • des formations : cours de gestion, de langue (anglais mais aussi flamand), …

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Concernant les secteurs spécifiques qui auront été désignés notamment, des liens avec des écoles et laboratoires de recherche pourraient être noués et des formations spécifiques envisagées comme cela est le cas à Toulouse autour d’Airbus. Ces liens avec les écoles ne se limiteraient pas à la formation ou à un partenariat. L’objectif serait de se présenter à chaque école en France pour que ces dernières invitent leurs étudiants désireux de lancer une activité à le faire à Dunkerque, dans cette nouvelle infrastructure.

Plutôt que de subventionner directement des entreprises, il s’agit ici d’encourager leur création et développement en proposant des services aux individus. Pour l’agglomération, c’est également une autre façon de dépenser son argent : plus que de subventionner au risque de « tout perdre », il s’agit d’investir dans des locaux et des services qui eux perdureront quel que soit le devenir des projets. Il convient de préciser qu’attirer les entrepreneurs ne peut s’envisager que dans une nouvelle dynamique locale. Un tel projet gagnerait à s’inscrire dans les projets de redynamisation de la ville (cœur d’agglomération, projet de TSCP). Il ne s’agit que d’un rouage d’une stratégie globale de reconversion économique, de recherche d’une nouvelle vocation pour l’agglomération. Ce lieu d’accompagnement et d’innovation, cette maison de l’innovation, trouverait toute sa place dans un nouveau quartier, symbole du renouveau économique du territoire.