rouages_cerveau.jpgSuite à ma contribution aux états généraux de l'emploi local dunkerquois, plusieurs questions m'ont été posées par une personne via Facebook. Je me permets d'y répondre ici.

1. Que penser de l'arrêt de l'Arena ?
Comme expliqué dans un article consacré à ce sujet, je n'étais pas un défenseur de l'Arena. Non pas que le projet de grande salle en soi soit absurde, mais parce qu'il était lié au projet du Grand Nord et, surtout, que le timing ne me semblait pas être le bon.
Concernant la question du timing, deux choses étaient dérangeantes. La première était tout simplement que la ville a, selon moi, d'autres priorités bien plus importantes que construire une grande salle. Plutôt que de dépenser plusieurs dizaines de millions d'euros pour cette salle, d'autres infrastructures bien plus intéressantes me semblent à privilégier, notamment dans le domaine des transports, de l'accueil des entreprises et de l'éducation. Deuxièmement, je pense qu'une salle type Arena ne pourra trouver sa place et être acceptée que lorsqu'une véritable métropole dunkerquoise sera pensée. Autrement dit, une Arena peut être le signe qu'une métropole existe mais ne contribue pas à favoriser sa création.
A côté de cela, s'ajoutent tous les arguments concernant le coût du projet : je doute encore aujourd'hui de sa rentabilité et de la capacité à remplir les 10 000 places initialement prévues, bien que Michel Delebarre avait assuré que la jauge aurait été revue à la baisse.
La comparaison avec le Grand Stade lillois a ses limites : si l'on voit que le stade Pierre Mauroy réussit à attirer quelques belles affiches sportives et culturelles/événementielles dans la région, on peut douter de la capacité à faire de même avec une Arena à Dunkerque... justement parce que le Grand Stade existe ! En outre, le Grand Stade fait également face à quelques questionnements concernant son financement. Dernier point, l’enceinte lilloise s'inscrit dans une métropole qui existe et rayonne déjà, là où l'Arena aurait dû réussir à s'imposer. En somme, le Grand Stade bénéficie du rayonnement lillois, là où l'Arena dunkerquoise aurait dû le créer, ajoutant des réserves concernant le potentiel attractif de la salle.

2. Dunkerque peut-elle devenir la "ville du futur", en tout cas dans le domaine des transports ? Sous combien de temps ?
Oui, je suis persuadé que Dunkerque peut devenir une "ville du futur", pour peu que des décisions en ce sens soient prises, et ce relativement rapidement. Si la puissance publique ne peut pas tout, il lui reste une capacité d'impulsion de projets et une légitimité pour dire à différents acteurs "on se met autour de la table".
Ce qu'il faut surtout c'est réussir à faire sauter quelques verrous "intellectuels". Les élus doivent prendre conscience de la nécessité de sortir des sentiers battus, d'aller vers l'expérimentation, d'innover et de ne pas se limiter à imiter des solutions qui existent ailleurs. Dans le domaine des transports, concrètement, la ville peut décider de la création d'un réseau de PRT/GRT. C'est à la ville de prendre conscience de ce que peut représenter ces types de projet pour oser se lancer.
Il ne me semble pas déraisonnable d'imaginer qu'un réseau de PRT soit opérationnel dans moins de dix ans, c'est-à-dire plus ou moins à la fin du mandat de P. Vergriete ou au début du mandat 2020-2026 selon les décisions prises.
Concernant les dirigeables ou l'hyperloop, ce qui compte est surtout de lancer la démarche, d’initier les contacts pour monter un projet de développement. L'un des arguments pour discuter avec ces entreprises est bien évidemment de dire que Dunkerque peut proposer des débouchés concrets pour l'utilisation commerciale des dirigeables, ainsi qu'à terme pour l'hyperloop. Le projet des dirigeables me semble réalisable à moyen terme, là où le projet hyperloop s'inscrit dans du plus long terme puisque le projet n'en est encore qu'au stade théorique. Mais c'est justement là un de ses intérêts : son inventeur cherche à le concrétiser, il s'agit de l'inciter à le faire à Dunkerque.

3. Que serait une monnaie locale couplée à un revenu universel ?
Une monnaie locale est une monnaie qui s'utilise sur un territoire "infra-national". Généralement, elle se développe à l'échelle d'une ville ou communauté urbaine. La parité de cette monnaie serait à fixer par rapport à l'euro. L'objectif de la monnaie locale serait de favoriser le développement des filières courtes et d'une forme de localisme. Cette monnaie dunkerquoise ne serait utilisable que dans l'agglomération. A l'heure de la dématérialisation, il serait sans doute moins coûteux d'imaginer une monnaie totalement dématérialisée, une monnaie qui ne serait que scripturale, ce qui permet de ne pas devoir créer de pièces ou billets. Son support pourrait être les smartphone ou encore une sorte de "carte de crédit" qui ne serait chargée qu'en monnaie locale. L'enjeu serait d'inciter les habitants de l'agglomération à consommer dans le dunkerquois, pour lutter notamment contre l'évasion commerciale et dans le cadre d'un projet de transition énergétique qui reposerait sur des consommations plus "locales".
Pour le présenter simplement, un revenu universel est quant à lui un revenu attribué à tout un chacun, sans condition de ressources, sans limite d'âge. Comme pour la monnaie locale, les modalités seraient à discuter mais l'idée serait de proposer aux habitants de l'agglomération un revenu universel. Certaines aides de la commune et certaines subventions pourraient être abandonnées et transformées en un revenu universel directement versé aux habitants.
L'intérêt n'est pas de distribuer de l'argent aux dunkerquois pour qu'ils le dépensent hors du territoire : c'est pour cela que ce revenu universel serait distribué sous forme de monnaie locale. Il s'agirait donc d'inciter à consommer dans des magasins dunkerquois. Les commerçants auraient quant à eux le droit de convertir leurs recettes réalisées en monnaie locale en euros.
Si une monnaie locale peut être envisagée à court/moyen terme, le projet de revenu universel ne serait sans doute réalisable qu'à plus long terme. Il me semble en réalité très important de réfléchir à cette question. Plus que de dire c'est une solution à appliquer, j'appelle plutôt à la nécessité de l'étudier pour voir si, réellement, cela serait intéressant.